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Titre à définir...Alors à vos crayons !

Nous sommes leurs gardiens, leurs protecteurs.
Nous appartenons à une société secrète, certains diront une secte mais nous ne nous définissons pas comme tel.
Cela fait maintenant quelques milliers d'années qu'ils sont en sommeil, nous ne sommes donc plus très nombreux. Les clés se transmettent de père en fils, en fille, mais nombre d'entre nous qui ne les avons vu de nos propres yeux et avons seulement entendu d'impensables légendes n'y croient pas et désertent les rangs.
La Mens Divinior, voilà le nom de notre société.

Ville de New York, de nos jours, au musée d'histoire naturelle.

-Regardes ! une porte ouverte...Laissons-les continuer la visite et allons voir les réserves !
-Arrêtes...Arrêtes je te dis, on n'a pas le droit d'entrer là !
-Quoi, tu fais toujours ce que ton père te dis ? Là c'est pareil, la porte est ouverte, allons visiter. Ce sera toujours plus intéressant que cette galerie sur les "cultures et civilisations humaines". Et puis on prendra les notes d'Ella. Allez, viens !

Nous voilà embarqués dans la plus insolites des visites du musée. Pour ma part je suis bien trop trouillarde pour y aller seule mais puisque Ben est avec moi, pourquoi pas visiter les réserves. Il a raison nous en apprendrons bien plus. D'autant qu'il nous suffit d'acheter le catalogue de la galerie dans la boutique souvenir pour être au courant de tout. Nous déambulons dans les couloirs, les portes des réserves semblent toutes fermées, dommage. Nous continuons  de marcher tout en discutant de notre programme du week-end à venir et de la prochaine soirée organisée par notre confrérie. Sans même nous en rendre compte, nos pas nous menèrent à un petit couloir sombre au bout duquel une porte entrouverte et un escalier. La lumière étant encore plus faiblarde, nous sortons nos briqués. Je commence à avoir la chair de poule, il n'y a pas un bruit, l'écho de nos pas se diffuse dans l'escalier pour finir par s'y perdre. Cet escalier semble interminable. Je m'apprêtais à proposer à Ben de rebrousser chemin quand nous débouchâmes dans une immense cave. Les murs sont parsemés d'alcôves pour la plupart toutes fermées par une sorte de chape de béton et pour seule ouverture un cercle de quinze centimètres de diamètre. Les alcôves doivent faire chacune au moins trois mètres de haut et un bon mètre cinquante de largeur. Nous commençons à explorer la cave, à tenter de déchiffrer les inscriptions pour chaque niche. Cela ressemble à du latin mais plus ancien encore. En regardant à l'intérieur des trous, nous ne remarquons rien. Juste l'obscurité. Les quelques alcôves brisées ne renferment rien.  Nous faisons le tour de la cave et débouchons sur une autre porte, la serrure est rouillée, les gonds usés et l'ouverture en est quelque peu bloquée. Nous réussissons tout de même à entrouvrir la porte et apercevons une sorte de petit bureau ou de bibliothèque vu le nombre d'ouvrages entassés. Nous laissons la porte entrebâillée et retournons à notre exploration des niches brisées. Nous tentons de reconstituer une inscription pour essayer de comprendre ce qu'est cet endroit quand un vrombissement empli la salle. Le bruit semble provenir d'une des alcôves fermées. Notre curiosité l'emportant sur notre prudence, nous nous approchons. Le vrombissement devient de plus en plus fort et tout à coup une lumière blanche éblouissante se dégage de l'ouverture puis s'apaise jusqu'à devenir soutenable pour nos yeux. Nous nous penchons vers l'ouverture et constatons que la lumière provient d'un corps. Quand le bruit commença à devenir assourdissant nous obligeant à reculer, le corps grand de plus de deux mètres s'illumina comme transpercé par des flèches de lumières bleues. Sa peau est translucide et laisse apparaître d'étranges caractères géométriques. Je commence à prendre peur, me demandant ce que nous avons provoqué là. Ben semble fasciné mais décidant que cela suffisait et que nous devions partir, je tire sur sa manche. Quand tout à coup, le corps se mit à bouger et à faire trembler le sol. La chape de béton se fendilla et des morceaux tombèrent à terre. Je tirais maintenant de toutes mes forces pour ramener Ben vers moi. L'escalier était bien trop long et sombre je décidais de nous réfugier dans le petit bureau, je mis tout mon poids sur le battent de porte pour essayer de le refermer. Ben sorti d'un coup de sa torpeur et vint m'aider à le repousser. Nous laissâmes une petite ouverture pour continuer d'observer ce qui se déroulait dans la cave. Le mur de l'alcôve finirent par céder et tomber complètement à terre dévoilant le corps d'une femme irradié par une lumière bleue. La lumière ne venait pas du fond de la niche comme nous l'avions supposé mais du corps lui-même. La femme semblait complètement déboussolée et perdue. Elle se prit la tête entre les mains, le vrombissement s'intensifia et nous obligea à nous couvrir les oreilles.  La femme fut prise de convulsions, son corps gonfla. D'abord ses jambes qui enflèrent de manière étonnement rapide et se transformèrent puis se fut son buste, ses bras et enfin sa tête. Nous avions devant nous le plus immense ours polaire jamais vu. Ces yeux rouges brûlaient d'une grande fureur et balayaient la salle. Sa tête se tourna à plusieurs reprises vers nous mais l'ours se jeta dans l'escalier faisant trembler le sol et les murs puis disparut.
Nous étions totalement abasourdis. Nous ne comprenions pas ce qui venait de se dérouler sous nos yeux.  Nous nous regardions sans échanger un mot, la cave redevint vite silencieuse et nous partîmes en courant dans le but de retrouver l'air frais et de nous échapper du musée. Nous courrions, notre respiration haletante nous obligeant à faire quelques pauses pour reprendre notre souffle. Nous déboulions à travers les couloirs tournant parfois en rond sans parvenir à retrouver l'entrée par laquelle nous étions venus. En débouchant d'un long couloir, une sortie s'offra enfin à nous mais quel spectacle... Un des murs séparant la réserve de la galerie de minéralogie était complètement emboutis. Il n'y avait pas âme qui vive. Nous avancions doucement entendant par moment des hurlements. Plus nous avancions, plus l'aberration de la situation laissait place à l'horreur. Le sol était jonché de bout de corps humains sanglants. Le musée était complètement dévasté. En sortant dans la rue, le constat fut le même. Un énorme carambolage encombrait le carrefour, les gens était terrorisés et hurlaient. Un petit groupe d'enfants était prostré devant une entrée d'immeuble, le regard vide. Bien décidés à en savoir plus, nous décidâmes de suivre les traces laissés par l'ours. Nous courrions le plus souvent à contre courant de la foule. Arrivés à un carrefour, nous le vîmes. Son museau et ses pattes étaient couverts de sang. Il tenait dans sa gueule trois corps inanimés.  Un taxi sans conducteur mais dont le moteur tournait encore  était en plein milieu de la rue, nous nous ruâmes dessus pour fuir plus rapidement. Avec un tel spectacle il était  évident qu'il était impératif de ne pas rester dans les parages. L'ours mesurait bien quatre mètres de haut, il serait impossible de lui échapper et mieux valait profiter du fait qu'il soit occupé. Nous ne furent pas les seuls à arriver au taxi. Un homme et une femme vêtus d'un long pardessus noir équipés d'une sorte de caméra prirent les places de devant, un couple de touristes paniqués se jetèrent avec nous à l'arrière. Nous exhortions l'homme qui avait pris place derrière le volant de démarrer le plus vite possible et de partir loin mais il gardait son calme et agissait presque au ralenti. Il se retourna et nous dit que si nous voulions fuir il était encore temps, pour leur part, lui et la femme allait suivre l'ours pour le protéger le temps que sa faim soit apaisé. Nous le regardions totalement ahuris, les deux touristes ne demandèrent pas leur reste et fuirent en courant. Ben et moi étions tellement dépassés par tout ces évènements que nous tentions de raisonner ces deux fous. La femme n'écoutait pas un mot de ce que nous racontions et était en pleine conversation téléphonique parlant dans une langue étrange. Je m'interrompis brusquement pour l'écouter. Je posais ma main sur la bouche de Ben pour l'obliger à faire de même. Elle parlait en latin. Je ne sais pas pourquoi mais je commençais à faire le récit des évènements auxquels nous avions assistés à l'homme qui continuait à nous fixer d'un regard énigmatique. Il nous écouta attentivement et finit par dire simplement que nous n'aurions pas dû assister à cela. Je commençais à lui poser tout un tas de questions, ils semblaient bien au courant mais il refusa de répondre immédiatement affirmant que leur priorité était de suivre l'ours et de la protéger. La femme raccrocha brusquement, ouvrit une mallette noire et en sortit deux pendentifs qu'elle nous tendit et nous demanda de mettre à notre cou. Elle nous expliqua qu'avec cela l'ours ne nous attaquerait pas. Nous n'avions d'autre choix que de les croire et leur faire confiance. Une longue course poursuite à travers toute la ville commença. l'ours ne semblait jamais rassasié. Il attaquait et dévorait nombre d'humains. Nos deux guides le laissaient agir en toute impunité.
Cela nous semblait bien horrible. Quand le jour commença à déclina, l'ours s'arrêta finalement sur les rives de l'Hudson. Ses yeux étaient devenus bleus. Le même bleu qui avait irradié son corps avant sa transformation. Il ne bougeait plus. Nous descendîmes de voiture et nous approchâmes. Ben et moi avions décider de rester à bonne distance, nos guides s'approchèrent et commencèrent à parler dans un vieux latin à l'ours. L'homme se tourna vers nous, nous demandant d'approcher mais nous étions tellement terrifiés que nous n'osions pas faire le moindre pas. L'ours se tourna vers nous. Nous entendîmes une voix dans notre tête nous intimant de nous approcher puis l'homme nous expliqua qu'Adéya, ainsi se nommait la femme-ours, s'excusait de nous avoir effrayé mais elle ne s'excusa pas pour autant pour tous les morts. D'un simple regard elle nous obligeât à nous agenouiller devant elle et sous nos yeux elle se transforma en cette femme translucide et bleue que nous avions vu quelques heures plus tôt. Elle nous obligea à prêter serment et nous ordonna de devenir ses gardiens.
C'est ainsi que nous sommes entrés à la Mens Divinior. Fait rare puisque nous n'étions pas les descendants des gardiens originels mais notre courage à la suivre l'avait impressionné. Elle nous raconta son histoire. Celle d'un monde passé et détruit, celle d'un monde où elle fut un des dieux fondateurs de la terre. Elle nous raconta qu'elle n'aurait jamais dû s'éveiller, que les dieux n'étaient pas appelés à régner de nouveau avant au moins des milliers d'années. Mais qu'elle avait été éveillé et qu'elle ne pouvait rien y changer, qu'elle devrait donc être protégée d'un groupuscule de fanatiques qui tenteraient de la tuer. Elle nous rassura affirmant qu'elle ne toucherait plus aucun humain, qu'elle avait pris suffisamment de forces pour survivre quelques siècles mais qu'elle resterait sous l'apparence d'un ours. Elle devait maintenant découvrir sa destinée, comprendre pourquoi elle était ici aujourd'hui et qui ou quoi était à l'origine de sa renaissance. Les autres gardiens seraient chargés de veiller sur les autres dieux afin qu'ils ne reviennent pas à la vie sans quoi les humains n'auraient plus aucun avenir et une guerre risquerait de se déclencher.

C'est ainsi que notre monde changea, dirigé par une déesse faite de chair et d'os. Déesse qui, dans les débuts, fut bien souvent considérée comme une monstruosité et une usurpatrice pour toutes les religions existantes. Plus que dérangeante, par sa simple présence elle démontrait l'inexactitude de toutes nos croyances.

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