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Chapitre 1 _ 2

Je commençais peu à peu à me tourner vers l'interdit. L'interdit avec un grand "I", celui que vous désirez par dessus tout, celui qu'au départ vous n'osez même pas regarder, mais pour lequel vous jeter un vague regard par dessus votre épaule, celui auquel tout le monde vous déconseille d'y céder, celui qui vous hante à force d'essayer de résister, qui vous fait ruminer à longueur de journée. Celui auquel vous savez pertinemment que vous finirez par céder parce qu'il représente votre espoir de bonheur. Je finis donc par céder à toutes ces attractions, ces désirs, ces tentations même les plus futiles. Je me rendais régulièrement couvert d'une longue cape noir bordée d'une surpiqûre rouge ; cape que l'on trouve dans n'importe quel atelier de couture de la cité, cape qui vous permet de passer inaperçu dans les rues des quartiers populaires ; dans l'unique quartier à même de répondre à mes besoins : le quartier du pécher. Il n'y pas meilleur endroit pour qui veut s'adonner à ses passions. Là-bas tout y est autorisé, oui absolument tout. Vous trouvez des maisons-closes à chaque coin de rue. Les plus réputées sont bel et bien situées au coin de rue et sont très prisées pour leur vue imprenable. Elles permettent à tout gentilhomme qui se respecte de fuir d'un côté ou de l'autre des rues sans être aperçu par leurs femmes, leurs mères. Elles sont toutes équipées de gouttières sur lesquelles il est facile de se laisser glisser ou bien de s'y cramponner en cas de besoin. Des gouttières étudiées pour de telles circonstances. Pour ma part j'ai pris mes aises dans trois des plus grandes maisons closes du quartier. Les matrones veillent à ce que les filles gardent une confidentialité absolue concernant mon identité. Et quand bien même elles me reconnaissent, elles ne peuvent souffler mot sous peine d'être sévèrement punies ou renvoyées. Elles savent que j'ai tout pouvoir quant à leur commerce, je peux à tout instant en demander la fermeture et sans aucune raison valable. Ce quartier est la meilleure chose qui soit dans cette cité. les femmes y gagnent en popularité, en reconnaissance, en richesse et les visiteurs, homme ou femme, assouvissent leurs moindres désirs. Pour ma part, je trouve ces lieux magiques, enfin je ne parle pas de magie pure, je parle simplement d'un lieu d'émerveillement. Vous y entrer, on vous apporte une ou plusieurs jeunes filles, on vous les sert sur un plateau dorée et elles sont toutes disposées à se soumettre à vos moindres caprices. Vous pouvez aussi bien vous montrer égoïste que satisfaire à leurs volontés. Vous pouvez leur apporter du plaisir ou bien les faire souffrir. Quand elles sont près de vous, leurs vies vous appartient. Quand vous tenez leur cou entre vos mains, que vous sentez leur respiration fléchir, vous avez tout pouvoir. Vous pouvez les briser si tel est votre bon plaisir... J'y ai pensé tant de fois... Mais je ne peux leur fait trop de mal, ni les détruire toutes, j'ai trop besoin d'elles. J'ai certes besoin de sentir ma puissance quand je les tiens, ma supériorité mais si je devais me retrouver seul, mon désir n'en serait qu'amoindris. Les filles du palais ne valent pas ces filles-là. Elles ne les vaudront jamais. Celles-ci savent ce qu'elles veulent. Elles veulent vivre, elles veulent pouvoir s'éveiller le matin suivant et pour cela elles connaissent leur métier, elles le connaissent et elles savent l'apprécier. Les filles du palais sont comme des pantins, elles ne comprennent rien, ne ressentent rien. Elles n'ont aucune passion, elles vivent paisiblement sans se poser de question, elles n'ont aucune réflexion. Je ne les aime pas. Ces servantes-là ne valent pas mieux qu'un misérable pétaure.
Ces derniers jours, j'ai tendance à ruminer un peu trop, il serait bientôt temps pour moi de retourner voir mes filles.

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