Partager l'article ! Première partie : Naissance - Chapitre 2: Quatre ans plus tard -Ellis ! Il est l'heure de te lever, tu vas encore êt ...
Efahiina's Blog| Mai 2012 | ||||||||||
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Quatre ans plus tard
-Ellis ! Il est l'heure de te lever, tu vas encore être en retard à l'école ! Prends donc exemple sur Hugo qui est déjà debout !
-Oui, oui ça va j'arrive.
Le temps de faire bouger ces quelques muscles endoloris par ce long sommeil, enfiler les pantoufles toujours rangées au pied du lit et je cours vers la cuisine.
-Assieds-toi mon chéri et tiens prends ton bol de céréales. Ton frère est déjà presque prêt, allez dépêches-toi !
Je verse les quelques céréales qu'il reste, le mioche a encore tout mangé. Faut toujours qu'il mange mes céréales préférées, quel calvaire d'avoir un frère, c'est moi qui vous le dit.
Bon je verse le lait, j'avale tout cela en deux temps trois mouvements, déposes le bol dans l'évier, cours me brosser les dents, m'habiller avec les vêtements que maman m'a sorti, quand vais-je enfin pouvoir m'habiller seul et choisir mes vêtements et pas ces immondes fringues déjà portées par le cousin Jules, le fils de Tante Agathe, la soeur de Maman. Peu importe, de toute façon ce n'est pas ça qui fera changer les choses à l'école, ils se moqueront toujours de moi, moi le grassouillet, le rondouillet, la bulle...comme ils disent tous. Au moins Hugo à la chance d'être l'enfant parfait, il fait toujours tout bien, écoutes les ordres des parents, est toujours polis, ne se bagarre jamais et s'entend avec tout ses camarades de l'école maternelle, n'est-ce pas désopilant toute cette perfection ?
Lui et moi on a vraiment rien en commun, à croire qu'on ne vient même pas des mêmes parents, enfin c'est plutôt moi le mouton noir de la famille, peut-être qu'à la maternité ils m'ont échangé avec le vrai bébé de Eliane et Jérémy qui sait.
Bref il est l'heure de partir, j'enfile les chaussures et le blouson attrape Hugo par la main et l'entraîne sur le chemin de l'école, je ne me retourne même pas pour entendre les consignes de maman « faites attention, ne parlez pas aux inconnus, rentrez directement après l'école, ne trainez pas etc... » toujours le même refrain. Peu importe dans sept minutes si le mioche ne traîne pas et se dépêche on sera arrivé et se sera reparti pour une journée laborieuse d'insultes et de galères. Juste le temps de le déposer à la maternelle et je rentre avant que les portes ne se referment et que la cloche ne sonne...encore trois pas et je serais arrivé en classe. Ce surpoids est parfois pesant quand il s'agit de courir pour arriver à temps, j'arrive une fois de plus tout essouflé, le tee-shirt trempé. Mme Namorine, l'institutrice me demande de rejoindre ma place en vitesse, elle va commencer le cours de calculs. Allez, il n'y a que quelques heures à attendre et ce sera le repas de midi, la pause tant attendue. Zut il faut que je sorte mon cahier...je fouille dans mon cartable, mais non il est dans le casier de mon bureau, je le sors juste à temps pour entendre Mme Namorine dire d'une voix tonitruante en roulant les « R » : « interrogation, sortez vos cahiers ! ». Ça y est c'est reparti pour un futur zéro pointé...je pourrais faire mieux évidement mais les calculs ça ne m'intéresse vraiment pas.
Ah, voilà le sujet du contrôle...une série d'additions, soustractions et divisions comme d'habitude, pourtant rien de difficile...allez c'est décidé aujourd'hui je vais faire un effort et répondre correctement.
30 minutes plus tard, elle ramasse les cahiers, jette vite fait un oeil sur le miens et affiche un petit sourire victorieux comme si grâce à elle j'arrivais enfin à quelque chose, laissons-là croire que c'est effectivement grâce à elle, au moins mes parents pourront dire qu'elle est douée et elle sera sûre d'afficher de bons résultats pour se trimestre et continuera à exercer au moins une année de plus, eh oui si trop d'élèves comme moi se plante à chaque contrôle cela vroudrait dire que ça vient de l'institutrice et donc qu'elle est mauvaise mais comme ce n'est pas la pire de toutes, mieux vaut qu'elle continue d'enseigner sinon je regretterai sûrement d'avoir contribué à sa déchéance.
Après le cours de calculs passons à l'écriture...encore un cours passionnant vous allez voir.
Après de longues séries de lignes d'écritures et de dictés de mots l'heure du déjeuner est enfin arrivé, la cloche sonne tout le monde se précipite vers la porte bien aligné en rang deux par deux et la maîtresse nous autorise à rejoindre la cours de récréation avant d'aller manger dans 10minutes. Je suis un des rares à n'être jamais pressé de sortir, la récréation c'est un calvaire, même si je me mets dans un coin avec mon copain « le freluquet », Mickael mon éternel ennemi ne se gène pas pour venir nous harceler, se moquer de nous, nous voler nos billes ou bien nous rouer de coups, bref une vrai partie de plaisir ! Mais un jour je serais assez fort pour le faire mordre la poussière et me venger juste pour le plaisir de le voir souffrir. Vous aussi vous devez bien connaître cette petite satisfaction personnelle que peut être la vengeance, d'ailleurs qui n'y a jamais songé ? Se serait un mensonge que de dire que vous n'y avait jamais pensé, cela fait partie de la nature de l'être humain. Ne vous croyez pas « bon » aucun être humain n'est jamais complètement bon c'est impossible, les gens comme moi sont toujours là pour vous le rappeler, vous ramener à votre propre réalité, celle que vous tenté de faire oublier et vous pousser ainsi dans vos retranchements. Ah la vie est une éternelle bataille me direz-vous, mais......
-Aïïïïïïe arrêtes, lâche moi espèce de vaurien ! Mickael si tu ne me lâches pas tout de suite je vais hurler ? Ah attention, non pas comme ça ! (Boum). Tu n'es vraiment qu'une pourriture, tu t'en prend qu'au plus petit car tu n'es même pas sûr de toi et de ta propre force, tu verras un jour tu regretteras tout ce que tu nous as fait endurer et....Mais reviens ici je n'ai même pas fini !
-Laisses tombe morveux tu ne vaux même pas la peine que je me fatigue pour toi, t'as même pas un centime dans tes poches. La prochaine fois tâche d'avoir de beaux billets comme ça quand je te secourais comme un poirier au moins tu me serviras à quelque chose.
Allez les gars on se tire, ce mioche ne vaut rien.
Dès qu'ils passèrent le virage le freluquet sortis de sa léthargie, se précipita vers moi d'un air compatissant :
-Ça va Globule ?
-J'té déjà dis de pas m'appeler comme ça ! Et ça irait mieux si tu m'avais aidé au lieux de jouer les lopettes et d'attendre que ça passe bien gentiment pendant qu'il me tenait par les pied la tête en bas ! Tu ne vaux pas mieux qu'eux comme copain, tu n'as aucun courage, tu n'es même pas capable de te défendre toi-même, j'ai sûrement tort d'attendre que tu me défendes. Pfff, allez dégages toi aussi.
-Mais Globule...pardon Ellis ! Reviens ! Je suis ton ami moi !
-Tu parles d'un ami...mieux vaut ne pas en avoir qu'en avoir un comme toi.
Ça y est j'ai réussi à le faire pleurer. Il était temps depuis toutes ces années que j'essayais de me débarrasser de ce boulet. Il m'encombre et m 'empêche de devenir ce que je suis censé vraiment devenir. Sans lui et sans ses petites leçons de moral, ma vrai nature aurait sûrement déjà repris le dessus sur cet horrible déguisement humain....mais qu'est-ce que je raconte moi ? Je dois délirer; Je suis le méchant petit Ellis, celui que tout le monde rejette à la récré rien de plus. Encore une hallucination toute droit sortie de mon imagination, il faut que j'arrête sinon Maman va penser que je deviens fou et va vouloir que je passe des tas de tests à l'hôpital pour voir si je n'ai vraiment rien, vous savez toutes ces machines qui vous radiographient la tête. Mais non, tout va bien je suis là, je suis Moi, je balade vite fait mes mains sur tout mon corps, hum...non il ne manque rien, tout est en place je suis bien là, c'est bien moi Globule.
Ces hallucinations sont bizarres c'est comme si un autre moi prenait le dessus, bon inutile de polémiquer là-dessus je suis bien là ou bien de retour comme vous préférez. Ah la cloche sonne, il est temps de se mettre en rend pour retourner en classe. Mais cette fois-ci au lieu de me mettre à côté du freluquet je me met au fond de la file, seul. Pourquoi je ne sais pas, j'aurais pû aller le rejoindre mais une irrésistible envie (ou pensé) me dicte le contraire, surtout rester bien au fond, seul. Comme si la solitude était la solution pour échapper à tout problème.. La maîtresse nous fait signe d'entrer mais quand j'arrive à sa hauteur, elle m'interroge sur mon nouveau comportement :
-Eh bien que se passe-t-il Ellis ? Tu t'es disputé avec ton ami ?
-Non, non M'dame tout va bien.
Ce ne sont même pas ses affaires, de quoi elle se mêle celle-là ?
Je m'installe à mon pupitre habituel, à côté du Freluquet bien sûr mais demain je changerais de place et tant pis si la maîtresse n'approuve pas mon comportement elle n'aura qu'à aller rapporter toute cette sordide histoire à Papa et Maman, de toutes façons ils n'en n'ont rien à faire, ils sont bien plus préoccupés par leur problème d'argent maintenant que le petit frère est là. Ah oui ils voulaient à tout prix un deuxième enfant mais maintenant il faut que Papa travaille deux fois plus pour nourrir cette bouche supplémentaire. Quelle inconscience, je leur avait pourtant bien dis que deux enfants c'était beaucoup de travail et que j'étais très bien tout seul mais non, ils ne m'écoutent jamais. Et Hugo est arrivé. Voilà peut-être le plus grand drame de ma vie : un petit frère.
C'est pénible un petit frère, ça vous vole vos jouets, les casse, pleure pour un rien, fait des bêtises et vous fait accuser. On ne devrait jamais avoir de frère ou soeur.
Tiens j'ai encore oublié d'écouter le cours et la cloche sonne déjà ! Super je vais pouvoir rentrer, jouer à mon nouveau jeu, celui que Papa a promis de m'acheter. Mais d'abord il faut passer prendre Hugo, marcher un peu trop vite pour essayer de le distancer, changer d'itinéraire pour le perdre même...ça c'est un bon plan. Non, ce n'est pas comme ça que je vais m'en débarrasser au mieux, après les parents vont me poser tout plein de questions, dire que je l'ai fait exprès. Non il ne faut pas que je sois accuser, je vais donc encore patienter et attendre le moment propice.
Je range mes affaires à toutes vitesse, je file à l'entrée des maternelles, attrape la main de Hugo et me met presque à courir pour rentrer retrouver mon nouveau jeu. C'est le nouveau Universal War, celui où il y a plein de nouveaux méchants qui apparaissent et qu'il faut dégommer avec le nouveau Wipon qui tire jusqu'à trois flèches en même temps ! Waouh ça c'est de l'arme moi je vous le dis !
Plus que 5 rue et nous y seront. Je presse Hugo pour qu'il se dépêche un peu, il ne comprend jamais rien celui-là ! Ça y est, le voilà qui s'arrête pour ramasser un caillou ! Non mais c'est pas possible ça !
-Hugo, jette ça, ça ne sert à rien et Maman ne veut pas que tu ramènes des cochonneries à la maison, je te l'ai déjà dit.
-Mais, Ze n'est pas une cochon'rie Z'est un caillou en forme d'étoile ! Z'a borte Bonheur tu sais.
-Pfff tu racontes n'importes quoi, c'est juste un vieux caillou, regardes ton nez coule. Allez souffle là-dedans. Voilà, va jeter ton mouchoir dans la poubelle, tu crois quand même pas que je vais jeter tes saletés ! Allez grouille !
Deux minutes plus tard nous voilà enfin arrivés.
-Salut M'man !
-Zalut M'man !
-Oh Hugo tu as encore le nez qui coule, allez viens par là te moucher.
J'en profite pour filer discrètement dans ma chambre, ah...raté....
-Ellis, vient prendre ton goûter s'il te plait !
-Pas faim
-Ellis, descend tout de suite, je ne te le répéterais pas deux fois !
Vous voyez ce que je dois supporter ? La tyrannie d'une mère, d'un petit frère insupportable. Bon je redescend inutile d'insister après je vais être puni et je ne pourrais même pas jouer à Universal War.
-Tiens, manges ta tartine mon chéri. Tu sais Ellis, ton père n'a pas encore eu le temps d'acheter ton jeu, il...
-Oh non il m'avait promis !
-Mais mon chéri, avec tout le travail qu'il a il finit tard. Tu devrais comprendre, il fait ce qu'il peut pour vous deux. Tu devrait te montrer plus compréhensif et moins égoïste....
-C'est moi qui suis égoïste ? J'ai même pas choisi d'avoir un frère moi. Je n'en voulais pas.
-Oh Ellis, tu viens de faire pleurer Hugo. Ce n'est rien mon chéri, ton frère ne pensais pas ce qu'il vient de dire, il t'adore, il....
-Nan c'est pas vrai !
-Ellis, vient dire pardon à Hugo.
-Nan
-Viens tout de suite !
-Nan, je le déteste.
Qu'est ce que j'en ai à faire moi, d'un mioche qui pleure dans les jupons de sa mère. Bon en même temps si je n'y vais pas Papa risque de se fâcher et je n'aurais jamais mon jeu donc il serait peut-être plus judicieux de faire semblant que j'adore Hugo, que je lui demande pardon et au moins j'aurais ce que je veux...oui ça me semble la meilleure chose à faire. Je me lève donc de mon lit sur lequel j'étais confortablement installé à regarder les étoiles qui brillent au plafond et je redescend dans le salon dire pardon à Hugo pour le plus grand bonheur de ma mère.
Et voilà grâce à moi, encore un épisode tragique évité.
Le dîner ce soir-là se passa dans un calme absolu, pas de disputes fraternelles puisque j’avais tout simplement décider d’ignorer Hugo. Et puis, Papa, n’étant pas rentré, je préférais bouder dans mon coin en attendant son retour et surtout en attendant le fameux jeu tant espéré. Peut-être que je l’aurais demain mais d’ici là je devrais encore supporter les incessantes réflexions de tout ses ingénus de ma classe qui ne jurent que pas World Tyrant. J’avalais donc à toute vitesse ma soupe, histoire de me débarrasser de cette corvée. Et oui, manger me semblait bien pesant dans cette atmosphère suffocante de désapprobation instauré par le silence de plomb qui régnait et par le regard accablant de ma mère. Et pourtant je n’étais pas décidé à la laisser gagner cette partie, elle avait réussi à me faire céder face à Hugo mais je ne céderais pas une once de terrain supplémentaire. Le pardon est une conception bien insupportable lorsque l’on a une haute estime de soi-même, cela ressemble plus à une capitulation face à l’ennemi ; capitulation qui nous montre les faiblesses que nous avons encore en nous et qu’il faut combattre pour faire partie des meilleurs, pour atteindre les sommets, pour s’élever au-dessus du lot commun des êtres humains. Cet échec face à Hugo semble faire remonter en moi les réminiscences de défaites antérieures, comme si mon état actuel n’était finalement que l’aboutissement de mes erreurs passées. Je sais, je sens que cette fois-ci je devrais me surpasser, les battre tous à plates coutures mais contre quoi devrais-je me battre, je n’en sais encore rien. Mon subconscient semble se fermer un peu plus encore à chaque fois que je tente de découvrir les réponses à ces étranges questions. Seuls les rêves dont je parviens à me souvenir à mon réveil, semble m’apporter quelques vagues flash, impressions. M’éloigner un peu plus chaque jour de ma petite enfance parait m’écarter de ses souvenirs perdus. Il faut absolument que je trouve une technique pour…Ah non, elle est encore en train de m’interrompre alors que j’arrive enfin à trouver un semblant de réponse à mes questions ! Ca y est elle semble même s’emballer. Si je ne lui réponds pas elle va vraiment sortir de ses gonds et ça, ça n’est pas bon du tout si je veux vraiment obtenir ce fameux jeu.
-Ellis ! Elliiiiis ! Ellis, s’il te plait, écoutes-moi un peu !
-Oui…oh pardon j’étais perdu dans mes pensés. Eh oui je me suis encore excusé. Il faut que je parvienne à effacer ses terribles défauts.
-Ellis, s’il te plait, débarrases la table pendant que je prépare le dîner de ton père.
Et c’est reparti pour les corvées ménagères. Enfin si au moins je suis tranquille pour réfléchir au calme, je peux bien faire ce petit effort. Le mioche me regarde avec son sourire niais… Je sens que ça va être pour moi. Je me dépèche d’essuyer la table pour filer m’enfermer dans la chambre. Il va filer aller prendre sa douche avec maman, j’ai donc, voyons, vingt cinq bonnes minutes de tranquillité devant moi.
-M’man, j’ai fini, je vais dans la chambre.
-Oui, oui, mon chéri, tu peux y aller.
Grrrrr, je déteste quand elle m’appelle comme ça. Bon ce n’est pas tout mais j’ai des choses à faire moi ! Je me dirige donc vers ma chambre, je m’installe sur le lit, prends un bout de papier qui traîne, un vieux crayon dont la mine ne cesse de casser, je le taille et rien n’y fait. Ce doit être encore l’autre mioche qui s’est amusé avec et l’a fait tomber par terre. Enfin vous savez sûrement déjà ça, on le fait tomber une fois, puis après on passe son temps à le tailler, re-tailler…tout ça pour rien car la mine à l’intérieur est belle et bien brisée. Voilà donc encore une chose qui m’énerve tout particulièrement, il n’a pourtant rien à faire avec MON crayon ! Il a déjà tout plein de crayons de couleurs pour faire ses dessins alors pourquoi s’acharne-t-il à utiliser mes affaires pour après les remettre à l’endroit exact comme si je ne remarquais rien alors qu’elle sont finalement dans un état pitoyable. Je prends donc ce misérable bout de crayon qu’il me reste et commence à faire ma liste des différents plans que je vais pouvoir échafauder pour me débarrasser d’Hugo :
-le faire traverser au moment où un camion arrive
-le pousser quand on se promène le long des quais du port
-laisser Barry, le chien des voisins, l’attaquer
-le perdre dans les bois
Bref, il existe finalement tout un tas de plan facilement échaffaudables pour se débarrasser de ce parasite mais il faut que je trouve un moyen pour que cela paraisse accidentel et que personne ne se doute de ce que j’ai voulu faire. Et là c’est la panne. Impossible de savoir comment faire pour que personne ne me croit coupable. Tout le monde sait déjà qu’entre Hugo et moi ce n’est pas le grand amour et je suis déjà le coupable tout désigné quand il a perdu son doudou ou quand il se fait une égratignure alors un accident grave passerait difficilement inaperçu. Je froisse ma feuille et la jette nonchalament dans la crobeille à papier au bout du lit. Il faut juste que je sois patient, il va finir par grandir, être moins collant et se débrouiller tout seul. Il me faut attendre quoi…encore quatre ans…oui dans quatre an il aura 8 ans, mon âge actuel et donc il sera plus indépendant, plus solitaire, et un peu moins petit-frère-dont-on-ne-voudrait-pas. Bref il faut juste que je me montre compréhensif et patient et tout ira bien, les parents me laisseront tranquille voyant que tout se passe bien entre nous deux et donc à moi l’indépendance et la belle vie. Bon, évidement le seul hic c’est qu’à mon avis dans quatre ans maman me demandera encore de ne pas trainer après l’école, de rentrer directement…à moins que je ne m’inscrive à un cours après l’école. Mais oui c’est çà la solution : je fais semblant de m’inscrire à un cours de foot par exemple, non mauvaise idée le foot car il faudrait que mes vêtements soient sales et aient une odeur de transpiration, impossible donc alors pourquoi pas un corus de lecture ou théatre, je fais semblant d’y aller et pendant la durée du cours à moi la liberté ! Je pourrais enfin faire ce que je veux comme défaire les amarres des bateaux à quai, tirer sur les canards avec un lance-pierre… C’est ça dès demain je driais à Papa et Maman que je vais m’inscrire à un cours de quelque chose. Maman sera obligée de venir chercher Hugo et mois j’aurais au moins une bonne heure de tranquilité avant d’être obligé de revenir ici. Ah je l’entends qui m’appelle encore.
-Oui , maman ?
-Ellis, Hugo et toi, allez vous brosser les dents et méttez-vous en pijama, j’arrive pour vous border.
Comme si on avait besoin de quelqu’un pour venir nous border tous les soirs. Encore une habitude ridicule qu’il va falloir lui faire perdre. Je me dirige donc vers la salle de bain, halpague Hugo en haut de l’escalier, le tire par le bras pour qu’il se dépêche un peu, le soulève, le pose sur le marche pied et lui colle sa brosse à dent pleine de dentifrice dans la bouche pour qu’il se taise enfin. Je fais de même en commencant à me brosser concensieusement les dents. C’est important de bien se brosser les dents car sinon après on a mauvaise haleine, des careies plein la bouche et on a droit à une séance dentiste et ça croyez-moi je préfère éviter à tout prix ! On ne sait jamais si le dentiste ne va pas vous rater avec sa roulette et vous découper un bout de gencive, c’ets ce qui est arrivé à Paul. Un jour il n’a pas pû venir à l’école car ses parents l’ont emmené en urgence à l’hopital pour se faire recoudre la gencive. Il n’a même pas pû parler pendant au moins quinze jours. Le seul avantage qu’il a eut est qu’il n’a pas pû être interroger sur les cours à apprendre par cœur. Enfin, vous voyez, le dentiste ça n’a rien de réjouissant. Da’illeurs le soir même en rentrant de l’école j’ai raconté l’histoire de Paul à table, maman ahurlé haut et fort que je ne devait pas raconter de mensonges ni même faire peur à hugo mais au final, maintenant il ne gémit plus quand il s’agit de se brosser les dents. J’ai donc marqué un bon point ce jour-là et papa semblait même de mon avis. Bon allez il est l’heure d’aller se coucher, je fais descendre Hugo du marche pied et nous filons vers la chambre, bien sûr il se jette sur mon lit, ce qu’évidement il adore faire tous les soirs et bien sûr, comme tous les soirs, je le pousse par terre. Je lui jette son pijama à la figure. Ouf, il commence à se changer, au moins je n’entendrais pas maman râlé parce que je n’ai pas aider le mioche à se changer et qu’une fois de plus elle ne peut pas compter sur moi et est obligé de tout faire seule. Vu qu’il n’arrive pas à enfiler les manches, je saisit son bras et le passe dans la bonne manche, fais de même avec le second bras et voilà parfait il est prêt à se coucher. Maman choisit ce moemnt pour entrer en trombe dans le chambre, mamrmone un merci à mon attention, saisit Hugo et le colle sous la couette avant qu’il n’ait eut le temps de dire non. Qaunt à moi je fais de même,en me glissant dasn mon lit et en remontant bien haut sous le manton la couette puis je me tourne face au mur pour éviter le fatidique bisou du soir. Me voyant ainsi prêt à dormir, maman ne me dérange pas, branche la veilleuse pour hugo et sors sur la pointe des pieds de la chambre. Je m’apprête à fermer les yeux quand j’entend la voix d’Hugo :
-Ellis…pssssst
-Quoi encore le mioche ?
-Tu peux regarder sous le lit si IL n’est pas là ?
-Mais non, il n’est pas là, il n’y a même aucun monstre dans la chambre
-Mais tu peux regarder quand même sous le lit et dans le placard s’il te plait, Ellis ?
-Oui, oui j’y vais.
Je me lève donc, jette un rapide coup d’œil son les deux lits, dans le placard, sous le bureau, derrière les rideaux et me recouche dans mon lit.
-Y’a rien nulle part, tu peux dormir le mioche.
Après quoi, nous nous endormons tous les deux d’un profond sommeil.
Vers le milieu de la nuit, quand il n’y eut plus aucun bruit dans la maisonnée, une ombre ; à l’allure élancée mesurant un peu plus de deux mètres ; s’insinua dans la chambre des deux enfants. L’atmosphère de la pièce se rafraîchit considérablement et Hugo remonta sa couette jusque sous le les yeux, ne laissant dépasser qu’un petit bout de son visage. Son sommeil sembla devenir plus pénible et moins apaisant, ses lèvres bougeaient pour former des mots qui lui était impossible de prononcer, tous les muscles des son corps se tendirent. Ses rêves ne ressemblaient en rien au pays des merveilles d’Alice. Plus l’ombre se rapprochait de lui, plus son corps semblait s’agiter comme pris par des spasmes incontrôlables et plus ou moins violents. Mais l’instant suivant une brise d’air chaud et langoureux vint réchauffer l’air de la pièce tout en enveloppant les corps des deux enfants et tout particulièrement celui d’Hugo. L’ombre s’évapora tout aussi rapidement qu’elle était apparut et le sommeil des deux enfants ne fut plus perturbé qu’au matin lorsque l’alarme du réveil se déclancha amenant ainsi son flot de difficultés quotidiennes. Le réveil fut une fois de plus des plus difficiles, les deux enfants ayant la sensation de n’être qu’à moitié reposé. Les souvenirs de cette nuit étrange s’effacèrent peu à peu. Ellis avait beau se forcer à se remémorer ces images du monde de l’oubli comme il l’appelait, elles n’en tombaient pas moins dans cette partie de notre mémoire qui se refuse à nous bien trop souvent. Encore une fois il lui était impossible d’accéder à ces pensées. Sa mère l’appelant pour le petit déjeuner, il céda à la tentation d’aller déguster une tartine grillée et laissa son esprit vagabonder à des préoccupations plus superficielles.
Après s’être préparé, il pris son manteau, son sac à dos et partis en compagnie d’Hugo vers leur école. Il put alors à nouveau laisser libre court à son imagination et ses pensées filèrent droit vers le monde de l’oubli. Il y a avait si longtemps qu’il n’avait pas revu Prospère… Pourquoi y repensait-il aujourd’hui, il n’y avait aucune raison particulière à cela. Peut-être le simple fait de se remémorer cet univers auquel appartenait Prospère avait déclanché des souvenirs de ce petit bonhomme qui lui racontait souvent des histoires merveilleuses et fantastiques. Pourtant c’était bien lui qui avait repoussé violemment le lutin ou bien le gnome, la définition de ce qu’était Prospère restait encore un mystère aux yeux d’Ellis. Il était bien souvent habillé d’une drôle de manière si ses souvenirs étaient exactes : une sorte de chapeau pointu, des petite lunette ronde, une chemise beige au style bûcheron avec un gilet rouge sans manche par-dessus et un pantalon bouffant de couleur kaki assez sombre, pour finir, il portait principalement des mules en semelles à caoutchouc souple et sur le dessus une sorte de fourrure en daim marron. Ces pensées le ramenèrent à cette partie de l’enfance qu’il regrettait bien souvent, toutes ces années où il avait LE seul, l’unique enfant de la famille. Celui que l’on chérissait pardessus tout. Non pas que se ne soit plus le cas mais avec ce petit frère encombrant qui ne se gênait pas pour mentir au nez des parents et l’accuser sans cesse d’être le fauteur de trouble, rien n’était plus pareil. Il fallait à tout prix qu’il trouve le moyen de retrouver cette quiétude et pour cela il devait rappeler Prospère et le questionner à propos du monde de non-vie. Ce soir serait le bon moment pour essayer de le re-contacter, pour cela il suffisait de lui faire croire qu’il devait protéger Hugo. Quel lutin, gnome ou je ne sais quoi ne croirait pas à cette version, de leur point de vue il était plutôt coutumier de protéger un gamin de quatre ans.
L’école était maintenant en vue, les deux enfants forcèrent le pas, Ellis déposa son petit frère dans la salle d’accueil des maternelles et se dépêcha de rejoindre sa propre cours de récréation, il ne restait plus que deux minutes avant le début des cours, heureusement qu’il ne restait que si peu de temps ainsi il n’aurait pas à supporter les chamailleries de ses camarades de classes. A peine eut-il passé les portes qu’il remarqua un étrange attroupement au milieu du préau. Devait-il ou non s’intéresser à cet évènement ? Il n’en avait pas la moindre idée, mais la curiosité l’emporta sur ses doutes. Il se dirigea donc vers le rassemblement, se mit sur la pointe des pieds pour essayer d’apercevoir ce qui se déroulait. Des élèves de toutes sections s’étaient rassemblés pour observer une bagarre. Ce n’était donc rien de plus qu’une bagarre et les instituteurs étaient bien trop occupés à se raconter les détails de leur soirées ou bien le menu du dîner de la veille pour jouer leur rôle de garant de l’ordre et séparer les deux combattants. Il s’apprêta donc à repartir quand il vit enfin le visage de celui qui tabassait le petit de CP. Ce n’était autre que son ancien copain qu’il avait répudié : Le Freluquet ! Comment pouvait-il battre un plus petit que lui ? Soumettre à un autre ce que lui-même avait supporté ? Au lieu d’intervenir, je décidais d’observer un peu les spectateurs et quelle ne fut pas ma surprise de constater que celui qui exhortait Le Freluquet n’était autre que notre vieil ennemi Mickael. Voyant la scène qui se déroulait sous mes yeux ébahis, je préférais me retirer. Il était inutile de le sauver s’il avait décidé de rejoindre l’autre camp, que pouvais-je y faire, moi qui l’avais simplement repoussé. De toute façon la cloche allait sonner d’ici quelques secondes, tout serait donc fini. La foule se dispersa pour que chacun rejoigne son rang. Au lieu de me précipiter vers ma file, je décidais plutôt d’aller voir dans quel état était le petit, je sentis tous les regards posés sur moi. Alors que j’aidais le gamin à se relever, un instituteur se précipita vers nous constatant enfin qu’il y avait un problème. Je lui exposai brièvement les faits en désignant du doigt le coupable. Le gamin hocha la tête en signe d’acquiescement. Le Freluquet fut conduit dans le bureau du directeur sous les hurlements de soutiens de ses nouveaux amis. Je ne sus jamais ce qui c’était dit dans le bureau du directeur, mais on ne revit plus jamais Le Freluquet. Ses parents, honteux de son comportement, l’ayant probablement inscrit dans une nouvelle école. La journée se déroula sans d’autre incident avec successivement des cours d’écriture, de calculs et d’histoire. Je descendais les marches de l’escalier menant au dehors quand une petite main vint s’agripper à la mienne, mes yeux se posèrent instinctivement sur le propriétaire de cette main qui n’était autre que le gamin pris à tabac. Je lui expliquais que je devais récupérer Hugo et que tous les deux nous le raccompagnerions jusque chez lui. Il n’habitait d’ailleurs pas si loin de chez nous et pendant tout le trajet, Hugo et lui, j’appris qu’il s’appelait Denis, s’amusèrent à faire voler les petits d’hélicoptères des érables qui jonchaient le sol. Peut-être sauveront-ils une de ces graines dont l’hélicoptère n’a put s’envoler assez loin pour échapper au béton. Arrivé devant chez Denis, la porte était close, ses parents n’étaient pas rentrés et il n’avait pas de clé. Au lieu de le laisser attendre seul, je lui proposais de venir à la maison prendre le goûter ainsi il pourrait continuer à jouer avec Hugo, après tout nous n’étions qu’à deux ou trois rue de chez lui et Maman n’y verrait probablement aucun inconvénient. Arrivé à la maison, Maman tenta de joindre par téléphone les parents de Denis mais voyant que personne ne répondait, elle se mit en charge de soigner son œil et de lui préparer un goûté. Ce soir-là, papa rentra tôt, il raccompagna donc Denis jusque chez lui. Ses parents ne prirent même pas la peine de nous remercier, ni moi pour avoir jouer les chevalier sauveur ni papa pour en avoir pris soin et l’avoir ramené. D’après la description de papa, sa mère ne semblait guère avenant, au contraire elle paraissait brutale et vulgaire, je me dis donc que si ce gamin s’était laissé si facilement frappé dans la cour de l’école c’était peut-être parce qu’il en avait l’habitude. Il y avait donc des familles bien plus bizarres que la mienne. Les jours qui suivirent Denis vint prendre l’habitude de goûté et jouer à la maison avant de rentrer chez lui, il semblait heureux qu’on s’occupe un peu de lui et moi cette situation m’avantageait bien largement puisque le mioche me laissait maintenant tranquille. Je pus donc prendre le temps de préparer mon plan pour rappeler Prospère. Mais maintenant qu’Hugo me laissait tranquille la majeur partie du temps je me demandais s’il était réellement nécessaire dans venir à ce plan. De ce fait je pris un peu de retard dans l’exécution de ces diaboliques projets. Ce qui déclancha mon envie de les remettre en route ne fut autre chose que la disparition suspecte de Denis. En effet un beau jour, je ne le vis plus dans la cour de l’école, et sa maison paraissait vide. Peut-être ses parents avaient-ils décidés de déménager voyant le danger que ma famille et moi-même représentions pour eux. Peut-être que je me faisait des idées mais il semblait bien que ce gamin était maltraité par ses parents ou, il était tout au moins totalement délaissé. Ils avaient probablement eut peur que nous découvrions quelque chose et que nous appelions les services sociaux. Toujours est-il que du jour au lendemain nous ne le revîmes plus. A partir de ce moment Hugo recommença à devenir détestable et insupportable à mes yeux. Son existence avait eut droit à un sursis mais il n’en serait plus question désormais. Je devais donc à tout prix faire revenir Prospère. Le soir même, après que maman nous eut couchés et bordés, je commençai doucement à appeler Prospère. Seul le calme régnait dans la chambre. Je m’y mis alors de toutes mes forces en l’implorant de revenir pour s’occuper d’Hugo qui continuait à être terrorisé dans le noir. En expliquant que je ne savais plus quoi faire pour l’aider. Et tout à coup une lumière pâle puis de plus en plus incandescente apparut sur le lit d’Hugo. Bien loin d’être terrorisé, Hugo semblait captivé par cette lumière. L’instant d’après Prospère apparut. Il me jeta un bref regard, ne prêtant pas attention à ce que je lui disais, il s’adressa d’une voix douce et suave à Hugo afin de le rassurer et de lui expliquer qu’il avait été envoyé ici pour prendre soin de lui et le protéger des créatures monstrueuses de Non-Vie.